CREER LES CONDITIONS POUR ENGAGER UN VERITABLE PACTE DE CONFIANCE AVEC NOS QUARTIERS POPULAIRES

Pour mieux protéger les familles et leur logement, j’invite les bailleurs sociaux et les collectivités de la métropole nantaise à créer UN GROUPEMENT DE SURVEILLANCE qui aurait une double vocation : assurer la surveillance du patrimoine social de la métropole ainsi que la jouissance paisible des lieux d’habitation, en soirée et la nuit.



Plus d’une semaine s’est écoulée depuis le décès d’Aboubacar Fofana et c’est toute la ville de Nantes qui sort meurtrie de ce décès mais aussi des violences qui ont suivi. Au-delà de l’appel au calme et du respect que nous devons témoigner à la victime et à ses proches, je perçois bien que pour certains la police n’est plus perçue comme une autorité représentant la République mais comme une rivale. Ce phénomène qui ne date malheureusement pas du 3 juillet dernier est extrêmement inquiétant car nos forces de l’ordre sont pleinement mobilisées jours et nuits pour assurer notre protection, et je tiens à leur rendre hommage.

Pour que le calme, la justice et la paix puissent s’installer durablement dans tous nos quartiers et que nous puissions lutter encore plus efficacement contre les inégalités qui frappent les quartiers populaires ; nous devons préalablement y restaurer :
l’autorité grâce au renforcement des moyens de l’Etat ;
la confiance en déployant la Police de Sécurité du Quotidien (PSQ) ;
la tranquillité en assurant à tous les locataires sociaux une jouissance paisible de leur logement et de de leur cadre de vie.

Le Premier Ministre, présent à Nantes le 5 juillet dernier, s’est clairement engagé en déclarant à Madame le Maire « que le gouvernement allait continuer à adapter le niveau des forces de l’ordre […] que leur présence va être renforcée dans les mois, les années qui viennent, sur la métropole nantaise ». Cet engagement nécessaire sur le long terme doit permettre de renforcer les moyens de la police, notamment d’investigation, pour lutter plus efficacement contre le trafic d’armes, les trafics de drogues et plus largement contre la grande délinquance qui pollue le quotidien des habitants de ces quartiers, afin de restaurer l’autorité de l’Etat dans tous les territoires de la République.

Pour répondre aux enjeux de sécurité et de proximité, j’ai exprimé, dès le 4 juillet, mon souhait de voir étendre l’expérimentation de la PSQ au quartier du Breil. L’ensemble des parlementaires LaREM de la métropole nantaise s’est associé à cette initiative par la voie d’un communiqué de presse commun et je tiens à les en remercier. En effet, la PSQ vise non seulement à déployer une police mieux ancrée dans les territoires dont elle a la charge (en développant notamment une connaissance approfondie des lieux et des habitants qu'elle sera chargée de protéger et d'entendre) mais aussi à susciter des partenariats locaux innovants entre policiers et habitants (partenariats indispensables pour restaurer la confiance).

C’est pour répondre à l’enjeu de tranquillité publique, et pour protéger celles et ceux qui résident en logement social, que je propose d’expérimenter à Nantes un dispositif déployé avec succès à Paris sous l’impulsion de Bertrand DELANOE : le Groupement Parisien Inter-bailleurs de Surveillance (GPIS). Je propose que nous nous inspirions de ce dispositif pour inviter les bailleurs sociaux et les collectivités de la Métropole nantaise à créer un groupement de surveillance qui aurait une double vocation :
- assurer la surveillance du patrimoine social de la Métropole nantaise ;
- ainsi que la jouissance paisible des lieux d’habitation la nuit.

A la différence du dispositif parisien, celui déployé à Nantes pourrait revêtir un volet social, visant notamment à retisser le lien entre les forces de l’ordre et les habitants, en plus du volet sécurité qui en serait le pilier. Sa mission première consisterait à faire de la prévention et de la surveillance opérationnelle afin d’assurer un usage paisible des espaces communs qu’ils soient privés ou publics (entrées des immeubles, cages d’escaliers, bas et cours des immeubles, etc…).

Ce groupement de surveillance interviendrait en dehors des heures de travail des personnels de proximité des bailleurs et des collectivités. Il aurait pour missions essentielles de prévenir la délinquance, d’assurer une présence humaine en soirée et la nuit, quand l’ensemble des services sont fermés et de renforcer la sécurité des locataires.

Avec ce triple dispositif :
• renforcement durable de la présence des forces de l’ordre sur le territoire métropolitain ;
• demande d’extension de la PSQ au quartier du Breil ;
• et mobilisation des acteurs locaux pour assurer la jouissance paisible des lieux d’habitation des résidents en logement social ;
nous nous donnerons collectivement les moyens de restaurer l’autorité, la confiance et la tranquillité dans les quartiers populaires de Nantes. C’est une étape strictement nécessaire et préalable à l’élaboration d’un véritable pacte de confiance avec ces mêmes quartiers.

L’élaboration de ce pacte nécessitera de rassembler et de faire dialoguer toutes les parties prenantes : habitants, associations, acteurs privés et publics. Il pourra notamment prendre appui sur les leviers éducatifs, culturels, sportifs, mais aussi la formation et l’accès à l’emploi.

Jeudi 12 Juillet 2018
Webmaster HG