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Quartier de Talensac : quel avenir pour le commerce dit "de proximité" ?

A l'occasion du Conseil municipal du 26 juin dernier, j'ai interrogé l'équipe muncipale sur l'avenir des commerces dits "de proximité" à Nantes et plus spécialement sur le rachat par une banque du Café PMU « Le Chêne Vert » en face du marché de Talensac.



Quartier de Talensac : quel avenir pour le commerce dit "de proximité" ?
Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,

Je souhaite appeler votre attention sur l’aménagement du quartier Talensac - plus spécialement sur l’avenir du commerce et celui des commerces dits « de proximité » à Nantes.
En effet, les habitants de ce quartier regrettent vivement la disparition d’un bistrot, commerce de proximité par excellence, qui laisse place à un établissement bancaire. Ce commerce concourait pourtant à créer du lien social et constituait un lieu de rencontre entre les habitants dudit quartier, un lieu de convivialité.
Alors, une fois de plus, les Nantais ont le sentiment que la municipalité se désintéresse des commerces dits de proximité. Outre la force économique et les emplois que peut créer ce type de commerces, je tiens à souligner leur utilité sociale :
  • Ils sont facilement accessibles aux personnes à faible mobilité ou ne possédant pas de véhicule,
  • ces commerces sont également des catalyseurs de lien social,
  • enfin, Ils constituent une alternative aux commerces de périphérie que vous avez largement soutenus, Monsieur le Maire, et qui sont de grands consommateurs de transports. Sur ce point, le vote des Nantais à l’occasion des élections européennes ne laisse plus de doute sur leurs attentes et en dit long sur ce qui doit guider le sens de l’action publique.

Je n’ignore pas l’existence de la charte « d’orientation pour renforcer, par la dynamique commerciale, l’attractivité du centre ville », ni son champ d’application (dont le quartier Talensac est exclu) et les 10 principes qui doivent guider les partenaires de cette charte. Mais, à l’évidence, cet outil a des limites qu’il convient de compenser : champ d’application, nature des activités concernées, etc. Et, à notre connaissance, aucune évaluation de la pertinence et de l’efficacité du dispositif n’a été diffusée à ce jour. La question de la pression des établissements bancaires, d’assurance, etc... sur le commerce n’est plus circonscrite au seul centre ville de Nantes.

Aussi, au nom des élus du groupe Ensemble pour Nantes, je demande qu’un bilan quantitatif et qualitatif de cette charte soit communiqué en séance du Conseil municipal.

Il s’agit là d’une question d’importance pour la dynamique du commerce nantais mais aussi pour le maintien de la qualité de vie dans le centre ville et dans l’ensemble des quartiers nantais.

REPONSE de Madame PADOVANI:

Monsieur le Maire,
Monsieur le Conseiller municipal,
Mes Chers collègues,

Vous évoquez dans votre question un phénomène, maintenant connu de chaque agglomération : la volonté des établissements financiers d’occuper les meilleurs emplacements commerciaux et ceci au détriment, bien entendu, des commerces de proximité.
La municipalité est pleinement consciente de ces conséquences pour la vie de quartier, au centre ville comme dans l’ensemble des quartiers nantais. C’est pourquoi nous travaillons activement à :
  • Soutenir et dynamiser les commerces de proximité qui favorisent le lien social
  • Consolider la place du commerce de proximité par la valorisation des espaces publics environnants et l'amélioration des conditions d'accès.
  • Rénover les pôles de proximité : Clos Toreau, Collines du Cens, Bottière, Malakoff, Dervallières

Ainsi nous mettons en place des outils réglementaires pour mieux maitriser l'évolution commerciale des différents pôles de quartiers, avec notamment l'instauration des linéaires commerciaux :
Dans le Plan Local d’Urbanisme du 9 mars 2007, 17 linéaires commerciaux avaient été définis avec la CCI et les 2 associations de commerçants.

Le prochain PLU des 24 communes de l’agglomération prévoit l’instauration de nouveaux linéaires commerciaux recensés comme étant des pôles commerciaux de quartier :
Rue des Hauts Pavés;
Talensac ;
Toutes Aides ;
Rue du Général Buat ;
Place Mangin.

Par cette réglementation, il devient possible d’empêcher le changement de destination des commerces et activités artisanales implantées le long de ces voies, en bureaux, services financiers et bancaires, services d'assurance, d'immobilier et de travail temporaire.

Dans le projet de PLU, faisant l’objet jusqu’au 2 juillet d’une enquête publique, sont également prévues des modifications de la règlementation encadrant fortement les grandes zones commerciales périphériques, et soutenant le commerce de proximité et le centre-ville.

Je vous rappelle, Monsieur GRELARD, en passant, la création de 28 000 m² de surface de vente en périphérie dans le 2ème trimestre 2008, et ce grâce à la mise en place de la loi hyper libérale LME.
Je ne reviendrai pas sur les termes de la Charte des banques signée en Octobre 1987 qui a permis à ce jour d'éviter les implantations suivantes : Crédit Agricole Rue d'Orléans, Société Générale Place du Commerce, Groupama Rue de Verdun.

Vous le voyez, la municipalité a à cœur de promouvoir la vie de quartier et de maintenir la vitalité des tissus commerciaux du territoire.

Votre question fait référence au rachat du Café PMU « Le Chêne Vert » en face du marché de Talensac. Nous ne découvrons pas cette situation. Pour répondre plus précisément à votre sollicitation concernant l'arrivée du Crédit Mutuel sur Talensac, nous sommes intervenus très en amont avec la CCI, mais il n'a pas été possible de trouver de repreneur compte tenu des sommes demandées par l'exploitant, donnée qu’il faut ici souligner. Cet établissement avait été proposé à la vente pendant de longs mois auprès d'un grand nombre d'agences immobilières spécialisées dans les bars restaurants sans que cela permette de trouver un acquéreur.

Le renforcement du cœur commerçant de notre ville, comme des commerces de proximité qui favorisent le lien social est l’un de nos principaux axes de préoccupation, pour construire une ville attractive et attentive à la qualité de vie de chacun. C’est pourquoi nous, et plus particulièrement mon collègue Alain ROBERT, Adjoint au Commerce et à l’Urbanisme, suivons très attentivement les évolutions en cours des dispositifs législatifs qui doivent nous permettre d'intervenir directement pour maintenir un commerce de proximité diversifié.

Mardi 30 Juin 2009
Webmaster HG